PVT Japon 2 Mois, 続けましょう

Lalapi~ une mascotte de la chaîne d'hypermarché Life

Lalapi~ une mascotte de la chaîne d’hypermarché Life


Un peu de musique pour agrémenter l’article

Déjà deux mois pour ce PVT Japon (un peu plus même) !
Seulement le deuxième article !
Sans plus attendre rentrons directement dans le vif du sujet avec une de mes préoccupation majeure de début Août.
Petit tracas du quotidien déjà vaguement évoqué le mois dernier : les rouleaux de papier toilette.
Triple,Double, Simple, 60m, 90m, 120m… tout ça est un peu abscons, tout ce que l’on sait d’expérience c’est que le papier ici oscille entre fin (il se déchire très facilement) à très fin (on voit au travers), après plusieurs tests il semble plus intéressant en terme de longévité de s’orienter vers du papier simple avec un maximum de longueur (120m), on voit donc au travers mais il dure plus longtemps, fait le job et revient donc à moins cher!
Toutefois nous continuons nos expériences pour ce mois de Septembre.

Le 30 Juillet dernier lors de notre promenade dominicale habituelle c’est avec une légère surprise en prenant dans la ligne Yamanote qu’à l’ouverture des portes un … type était complètement allongé dans la trame pile devant la porte en train de dormir la bouche ouverte.
En soit ce n’est pas nécessairement surprenant (le coup de la grosse cuite du week-end où l’on finit comme une épave endormi dans les transports en commun ça peut arriver partout dans le monde), mais il était 14h quand même !
Comme souvent et à peu près tout le monde (et sans doute à tort) c’est le choix de l’indifférence qui vient naturellement, on enjambe sa carcasse pour se loger dans la rame et on l’ignore.
2 stations plus tard une jeune mamie (petit paradoxe) prend ses responsabilités « allez réveille toi, on est à Nippori déjà, allez réveille toi ! Viens au moins te mettre sur une place assise ! », le type reste complètement amorphe et a une absence quasi totale de réaction, au bout de 10s de supplications inutiles et de nouveaux voyageurs qui l’enjambent comme si de rien était je décide d’agir.
Sans trop de difficulté je saisis le corps inanimé par les bras, le traine sur 3m et l’assoit sur la banquette. Cette fois il ouvre vaguement les yeux et balbutie un « Are? » (« Hein quoi? ») avant de… se rendormir comme une masse.
La mamie me remercie en japonais puis en anglais, j’ai fait ma BA de la journée.Cuite du week-end = dodo transports, le PVT Japon c'est aussi filer des coups de main quand on peut

J’ai testé de manger des moules surgelées (!) du Chili, honnêtement j’oscillais entre l’idée de finir avec la courante pendant plusieurs jours au pire et un peu mal au ventre et un goût fadasse au mieux. J’ai donc été agréablement surpris, car non seulement j’ai bien digéré le bazar mais en plus c’était gustativement franchement pas mal.
Donc oui les moules (surgelées) au Japon c’est possible et pas si cher (j’avais du débourser dans les 500 yens pour une portion je crois), pour des fraiches par contre je n’en ai tout simplement jamais vu en magasin encore pour l’instant.

Moules surgelées à la casserole

Cooking Mama niveau 2

Depuis fin Juillet je suis des cours de japonais rémunérés à Human Academy en tant que « Model Student », le principe est le suivant : les professeurs sont en phase d’apprentissage et nous sommes donc des pseudo élèves dédommagés 1.000yens de l’heure pour faire les étudiants.
3 niveaux étaient disponibles, débutant, débutant-intermédiaire et intermédiaire, au vu de la description « débutant intermédiaire » semblait plus matcher pour moi. Après quelques formalités et des rapides tests écrits et oraux ça passe sans problème et c’est parti pour deux fois 1h30 par semaine.

Sauf que très vite je m’aperçois que je suis probablement le plus nul/moins bon, dans les deux cours il y a en vrac un gros tiers de chinois quasi tous bilingues, quelques femmes au foyer étrangères qui vivent ici depuis 5 à 20 ans, pas mal de français (c’était assez comique d’entendre soudainement un « Ah les bâtards ! » au milieu d’une leçon) avec des background plus solides que moi (étudiant, vivant sur place depuis 6 mois à 3 ans, marié(e)s à un(e) japonais(e)) et quelques autres étrangers.
En soit ce n’est pas forcément gênant mais cela laisse perplexe quand à la signification du sens « débutant-intermédiaire ».
Ce qui est plus gênant, c’est que les deux cours bien que supposés comme étant du même niveau sont dispensés par deux équipes d’enseignants différentes et qu’un gap de difficulté colossal les sépare.
Celui du Mardi est plutôt bon enfant gentillet, le cours commence toujours un peu en retard, il y a des jeux, des bonbons, les leçons portent sur des points de grammaire/conjugaison simple, il y a un peu de géographie, d’histoire (j’ai été le premier à reconnaître une photo de Perry-san \o/) on apprend pas énormément mais c’est sympa et pour moi ce sont des bons rappels. Et puis il y a le cours du Jeudi.

Tableau de la fin d'un cours intense de 30mn

La fin d’un cours intense de 30mn sur l’usage de la politesse au Japon, mon état : duper

Ici on ne rigole plus, le cours commence à l’heure pétante, pas de pause au milieu, moins fun mais aussi plus pratiquo pratique dans l’apprentissage.
L’apprentissage est concentré sur des situations du quotidien comme l’usage de la politesse (cf ci-dessus) comment expliquer à quelqu’un qu’il a sorti les recyclés le mauvais jour (sic), passer un entretien d’embauche… Le tout quasiment sans interruption ce qui n’était pas sans me rappeler des cours magistraux de mathématiques à la fac passés à noircir des copies doubles de formules que l’on avait même pas le temps de comprendre.
Mon avis est forcément biaisé par le fait que mon niveau oral est extrêmement faible et c’est dommage parce que sans cela je profiterais sans doute bien plus des leçons. Quoiqu’il en soit je n’aurais plus le plaisir d’y assister sous peu, j’évoquerai la raison un peu plus bas.

De façon atypique et inattendue et au détour d’une ruelle un homme poussant un charriot nous a alpagué, c’était surprenant à plus d’un titre puisque les japonais ont tendance à éviter les gaikokujin (étranger) autant que faire se peut et que celui-ci l’a fait en plus pour chercher à nous vendre ses produits en parlant japonais (sachant qu’un étranger parlant japonais relève presque du domaine de l’inconcevable pour eux !)
Bonne poire que je suis j’ai vu ses pâtisseries d’Osaka et son catalogue et je lui ai tout simplement demandé quel était son osusume / おすすめ (recommandation) « Osusume wa nan desu ka », coup de bol c’était le truc le plus cheap, 3 gros daifuku à 600yens (~4.8€), un peu cher payé mais effectivement très bon.

En début de mois à l’occasion de la venue d’un ami et sa sœur sur Tokyo nous avons pu faire une petite escape sur l’île artificielle d’Odaiba amputée de son célèbre Gundam en taille réelle (bientôt remplacé par un flambant neuf Gundam Unicorn), l’occasion de retourner au mini parc d’attraction Joypolis de Sega et de rebattre le record du monde du 100m sur Sonic Athletics mais de prendre seulement la 2è au général (100m, saut en longueur, 1110m haies) faute de régularité.
Après le sport le réconfort, et à Odaiba c’est à Onsen Monogatari que cela se passe, classique inénarrable du onsen à Tokyo bien qu’un peu cher (plus de 2000 yens) mais extrêmement dépaysant et relaxant avec son petit village de l’ère Edo, ses yukata à porter et ses immenses bains chaud et sauna.
A cette occasion nous sommes restés un peu plus longtemps dans les bains et sauna, alternant les bains chaud (38 à 43°) intérieur et extérieur, le bain froid (20° !) et le sauna (50-60°), pour une sensation de bien être inégalée.

La plupart des dimanche c’est la sortie du week-end à Akihabara, le quartier de la culture moderne japonaise à Tokyo, le jour est d’autant plus adapté que de 13h à 18h le quartier devient presque 100% piéton avec la fermeture à la circulation des voitures de l’artère principale du quartier.
C’est généralement ce jour là que des idols en herbe organisent des mini concerts improvisés juste à côté de la sortie principale de la gare.
Il ne faut pas espérer de grande musique (aucune ne joue d’instrument) ni des envolées lyriques dans les paroles, ces jeunes filles sont juste là pour montrer qu’elles ont envie et sont super motivés en nous abreuvant de paroles mièvres et musiques punchy

Plus qu’un épiphénomène (AKB48, nommé après le quartier d’AKihaBara le groupe d’idols le plus connu détient une grande partie des records de ventes de CD au Japon en faisant donc de facto le groupe le plus populaire du pays) c’est une véritable industrie qui d’un point de vue extérieur peut avoir une tendance presque malsaine tant les idols sont objectifiées et leur carrière est extrêmement éphémère.
Toujours est-il que l’on aime ou non, la chose fait parti du paysage et on finit par s’y habituer.

En tout cas il est sûr que ce n’est pas leur performance qui feront battre mon cœur (doki doki) car pour le rythme cardiaque au repos mon niveau a atteint son plus bas (descendu jusqu’à 46, auparavant j’avais taquiné 48 au mieux), ce qui est une bonne nouvelle et de très bon augure en attendant mon marathon fin Octobre. Ce n’est pas encore du niveau de Laurent Jalabert, et à des années lumières d’un monstre comme Miguel Indurain, ou de l’extraterrestre Martin Fourcade, mais c’est déjà pas mal !
Au rythme de 3 séances (1 càp, 1 vélo et 1 mixte) par semaine environ, 179km courus et 218.1km pédalés en 2 mois la régularité fini par payer assez logiquement, c’est de plus en plus facile même si c’est toujours en suant des décilitres que je finis mes séances et que la limite d’une heure est pour le moins frustrante et m’empêche d’augmenter niveau volume.

Durant ce mois d’Août nous avons également pu sortir à deux occasions avec notre super host Tatsuya-san !
Un première fois à Kujukuri beach (hama) dans la préfecture de Chiba au sud de Tokyo pour y faire du bodyboard lors du week-end d’Obon, je ne connaissais même pas le principe pour dire vrai et c’était assez grisant de se laisser porter par les vagues allongés sur une planche, c’est un peu du surf en (beaucoup) plus facile au final.
Bon j’ai cartonné un ou deux japonais au passage mais pas trop de dégâts heureusement.
Lors du trajet j’ai également eu l’occasion de discuter un peu plus avec lui avec mon japonais trèèèèès approximatif, au final il parlait beaucoup et je comprenais les phrases à peu près, l’occasion d’apprendre qu’il a vu trois fois le film Your Name, en profitant pour nous dire que ne pas avoir de petite amie si on reste un an au Japon c’est une opportunité gâchée, le tout en faisant un parallèle avec le film Your Name sur le fait que dans la vie on a parfois qu’une opportunité et il faut savoir la saisir (en mer il a engagé la conversation avec pas mal de filles, j’étais à côté mais myope comme une taupe je voyais rien, puis ma compréhension du japonais étant imparfaite… enfin bref).
Le soir en rentrant direction un restaurant seafood toujours accompagnés de son fils et de son neveu avec au menu : huitres, palourdes et glace cacahuète (spécialité du coin et omiyage typique), étrangement il y avait une statue taille réelle de Napoléon devant le restau.
Le soir j’ai été immobilisé aux toilettes une bonne demi heure plié en deux.
Statue Napoleon

Le 13 Août, contre toute attente pour ma part, on a pu se rendre au célèbre Comiket 92è édition (ou Natsucomi), plus grande convention de euh la culture japanimation en quelque sorte avec plus de 500 000 visiteurs à chaque édition (le triple de la Japan Expo plus grande convention liée au Japon en Europe qui a lieu à Paris chaque été pour donner un ordre d’idée). A Odaiba toujours, c’est pendant environ 1h30 qu’il a fallu poireauter de façon statique en plein cagnard avant de rentrer, assez de temps pour prendre un coup de soleil (véridique). L’ouverture se fait à 10h sous les applaudissements par tradition, rentré finalement à 11h, j’ai pu découvrir une des rare zone de non respect du pays, des mouvements de foule proches du pogo et des queues de plus d’une heure pour avoir accès à son cercle de doujins préférés.
Un des organisateur avait eu une phrase assez juste au moment de notre entrée :

« Vous quittez l’enfer de l’extérieur (32° plein soleil), maintenant c’est l’enfer de l’intérieur ! »

Bon de mon côté j’avais assez peu d’ambition et j’étais là pour l’expérience et la culture, je suis  même arrivé trop tard pour récupérer un artbook de Little Witch Academia, j’ai tout de même pris un mini artbook de Range Murata, j’ai vu un manga original de Yoshitoshi aBe dont j’apprécie beaucoup certains travaux (tout particulièrement Haibane Renmei / Ailes grises chez nous) mais son titre semblait axer sur les dialogues ce qui donc ne me donnait pas l’occasion d’apprécier pleinement, dommage.

Dimanche 20, seconde sortie avec Tatsuya, son fils ainsi que les locataires espagnols 2 étages en dessous du notre appartement, direction => Shirakobato Aquatic Park
Apparemment le « plus grand parc aquatique » près de Tokyo, il était honnêtement un peu décevant, intégralement en extérieur il est très « familial » voire même fait pour les enfants à cause de l’absence pure et simple de piscine de plus d’un mètre cinquante de profondeur, une piscine à vague avec des vagues de 10cm à tout casser, et une absence globale de variété (et puis j’ai déchiré ma combinaison de triathlon que je portais pour l’occasion :()
Évidemment Tatsuya fait toujours une fixation sur le fait qu’on doit « choper de la meuf », la façon dont je phrase la chose peut paraître un peu douteuse, mais il présente ça avec une telle innocence et est quelqu’un de tellement généreux qu’il n’y a pas matière à penser à mal. D’après lui il y avait trop de lycéennes et pas assez de jeunes adultes ざんねんでした zannen deshita (comme c’est dommage) !

Bon manger, se promener, s’amuser, faire du sport, tout cela est très intéressant mais en tant qu’individu et acteur économique je ne suis sans doute aux yeux d’Emmanuel Macron et Shinzo Abe qu’un vilain petit canard oisif (périphrase pour « fainéant ») qui ne contribue pas à apporter ma contribution stakhanoviste pour attraper ce point de croissance supplémentaire qui leur permettrait de se gargariser, je ne me suis pas assez drogué pour être un futur Steve Jobs français et je ne suis pas assez fan du nazisme pour plaire au parti au pouvoir japonais, du coup… il faut bien bosser un peu.

Après quelques annonces postées sur certains sites et quelques recherches j’ai donc donné quelques cours qui ont de façon intéressante tous aboutis à quelque chose de différente.

  • Tout d’abord un premier cours de français dispensé à Harajuku directement sur le lieu de travail de l’étudiante, elle est (très) timide je suis peut-être un peu intimidant aussi difficile à dire, l’heure ne se passe pas si mal même si j’ai du mal à la faire parler (d’autant que son niveau semble plus que correct)
    La semaine suivante étant Obon pas de cours de prévu pour cause de vacances pour elle, je la relance mais pas de réponse la semaine d’après…
    Finalement elle me répond pour dire oui pour la semaine suivante, puis quand la date approche je redemande confirmation … sans succès. Finalement le jour même elle envoie un message disant qu’elle est à l’hôpital (!) donc impossible mais définitivement disponible pour la semaine suivante… et l’histoire continue
  • Je suis allé faire un cours d’essai de soutien scolaire pour un jeune franco japonais de 13 ans qui rentre en 4è.
    Cela s’est ma foi plutôt bien passé mais j’étais en concurrence avec deux autres personnes et n’ai pas été retenu finalement car cette année le critère de choix a été de « prendre un professeur et pas un étudiant », n’étant ni l’un ni l’autre j’en déduis que cette phrase concernait les deux autres testés et que moi j’étais le bizarre au milieu!
    C’est dommage mais pas de regret à avoir donc bon courage à lui.
  • Toute fin Août j’ai finalement passé 3h avec un petit japonais de 4 ans, c’était une opportunité que j’avais trouvé début Juillet mais pour un démarrage seulement maintenant, chaque Jeudi après-midi, au détriment d’un de mes deux cours de japonais.
    C’est en tout cas un petit garçon qui est né et a vécu les 3 premières années de sa vie en France, sa famille veut qu’il puisse garder un contact avec la langue et culture française donc une fois par semaine je devrai le garder autant pour l’aspect babysitting que culturel (je parle donc français à 95%).
    Il est adorable et cela s’est très bien passé donc on va continuer 🙂
  • Enfin j’ai également été contacté pour un cours d’anglais (alors que je spécifiais ne dispenser que des cours de français !), celui-ci est le plus « intéressant » du lot, plus de détails ci-dessous !
Arami & Arabou mascottes

Arami et Arabou, les deux mascottes du district Arakawa où j’habite

Ce premier cours d’anglais avec « Naka-san » a donc eu lieu à Shinjuku, avec 25mn de retard suite à une imprécision de sa part sur le lieu et des difficultés de mon côté à ensuite trouver le bon endroit.

Cours étrange, on discute puis quand je sors ma fiche élève à remplir il refuse « non je veux juste discuter », « oui mais la fiche ça va nous aider à avoir des sujets de discussion » « non c’est bon » « well ok c’est toi le client »
Puis dans la discussion je sens étrangement qu’il veut plus me faire parler que lui ne parle ce qui est un peu étrange, je raconte (vaguement) pourquoi je suis au Japon, que j’ai aimé les manga et jeux vidéo plus jeunes (le fameux soft power japonais) mais que c’est une passion secondaire désormais, j’évoque Jiro Taniguchi (un des plus grand mangaka japonais multi récompensés au festival d’Angoulême et décédé il y a peu) tout de même dont il a apparemment lu un des manga, puis d’un seul coup il se met à évoquer le bouddhisme (pourquoi pas) qui est une religion de non violence, je lui parle de Matthieu Ricard un proche du dalai lama dont j’ai lu plusieurs textes, il commence alors à me demander si c’est ok d’amener des textes bouddhiques pour le prochain cours (?), je lui réponds que oui pourquoi pas c’est lui l’élève si ce support l’arrange alors pas de problème.
Il essaie de lancer la discussion sur les attentats de Paris, je suis assez peu prolixe sur le sujet, où plutôt au-delà du drame qui est la face émergée de l’iceberg j’ai de multiples réflexions sur sur la religion, l’endoctrinement, les problématiques d’intégration, l’immigration, la politique étrangère des nations dites du Nord, l’exploitation des populations et l’instabilité géopolitique chronique dans les pays dits du Sud, les chiffres records d’exportation d’armes en France ces dernières années… bref je vous en passe et des meilleurs, pas des sujets que je vais aborder spontanément avec qui que ce soit et encore moins une personne que je viens tout juste de rencontrer, les platitudes d’usage suffisent donc « Oh oui c’est un drame », et là subtilement un parallèle avec le fameux bouddhisme de non violence se fait hum.
Puis finalement il mène la discussion vers lui qui veut me donner des cours de japonais, je le laisse venir gentiment il propose un endroit  plus proche de chez moi que Shinjuku, à la rigueur ça m’arrange, je reste un peu perplexe tout de même.
Finalement il me paie bien le tarif de la leçon d’essai, juste avant de se quitter il me demande si j’ai déjà été au sommet du Mont Fuji, je lui réponds que oui et que c’était une très bonne expérience que je referais avec plaisir,
Le soir il me recontacte :

« I would like to offer Japanese lesson for free. So next Sat can not be paid. Is that OK? »

D’un seul coup comme je l’ai senti venir il y a une bascule étrange qui s’est opérée, il me contactait logiquement pour des cours d’anglais pour lesquels il me rémunère et d’un seul coup c’est lui qui me donnerait des « cours de japonais gratuit » basé sur la lecture de textes bouddhique.

Quelques heures plus tard second mail avec une « citation bouddhique »

ときには「はーっ」と息をつきたくなること、ありますよね。私もあります。そんなときは深呼吸して酸素をいっぱい体の中に入れて・・・。「さあ、またがんばりましょう」
Sometimes we all get tensed up. When I feel that way,
I take a deep breath and then Im ready to try my best again. This is the message from her holiness Shinso Ito.

Humhum, Shinso Ito, là tout d’un coup une grosse partie de mes soupçons se confirme avec une recherche Google qui me renvoie à Shinnyo-en, une des très nombreuse secte Japonaise liée au bouddhisme.
Je fais d’emblée une aparté sur les sectes au Japon pour préciser que le terme ici n’a pas la même connotation qu’en France, ici les sectes sont légales, très répandus (1 Japonais sur 3 est membre d’une secte environ) et ont une influence nocive bien moindre que ce que le terme nous laisse penser nous français, au contraire la plupart sont ancrés dans le quotidien de millions de japonais et servent de liant social à des millions de personnes.
Le 3è plus grand parti politique du Japon, Komeito est d’ailleurs issu de la plus grande secte du pays la Soka Gakkai (12 millions d’adhérents)
Les plus anciens ou cultivés sur le sujet doivent toujours avoir en tête les fameux attentats au gaz sarin perpétués dans le métro de Tokyo en 1995 par la secte Aum, mais depuis le gouvernement japonais a fait un sacré ménage et le potentiel de nuisance des sectes, tout du moins direct, a été quasiment anéanti.
Toujours sur Naka-san, à la lumière de cette information j’ai rapidement mieux compris pourquoi il n’avait lu qu’une seule œuvre de Jiro Taniguchi, ce dernier a en effet fait un travail de commande sur la secte concernant la jeunesse des deux fondateurs, son travail sur le sujet était néanmoins libre de toute influence externe et le manga est parfaitement lisible en tant que tel sans y voir à travers les bulles une quelconque volonté d’influencer le lecteur sur quoique ce soit : la preuve je l’ai lu l’année dernière et je n’avais même pas fait le moindre rapprochement !
Je l’ai donc revu depuis, une fois par semaine, il me fait lire des poèmes bouddhiques en japonais et puis leur traduction en anglais, il me demande ensuite mon opinion dessus qui est sensiblement la même à chaque fois, je connais les préceptes de la religion, l’altruisme, positivisme, humilité, don de soi… ce sont des messages simples qui gagnent en effet à être propagés et que j’essaie, à mon échelle, d’appliquer envers moi même à minima.
Le bonhomme s’avère en tout cas assez persévérant pour continuer nos cours et très flexibles pour pouvoir dispenser ses « cours » puisque je suis souvent non disponible, je reste prudent mais je suis curieux de voir où tout cela va mener

Couloir Tokyo

Prise à Tokyo le 18 Août, je trouve la photo sympa

Que dire d’autre, on a assez régulièrement des micro tremblement de terre (magnitude 2 & 3) et étant situés sur le toit d’un immeuble cela fait légèrement vibrer les objets posés sur les tables mais rien de méchant.
Quelques mini typhons sont également passés par là, dont un qui nous a pris par surprise en revenant du sport, résultat 15mn à pied sous une averse d’une intensité rarement ressenti auparavant, les chaussures complètement gorgées d’eau et les vêtements bon à être essorés comme des éponges Au moins cela a rafraichit une température qui refuse obstinément de passer sous les 30° celsius pendant l’été japonais.

Le Samedi 12 en passant par Ueno on est tombé par hasard sur le festival de l’amitié pakistano-japonaise (ça ne s’invente pas), bon concrètement il y avait des stands de matsuri quelconque, des ventes de babioles, plein de stands de kebab et une scène où des danseuses œuvraient au moment de notre passage.
Plus sérieusement il n’est pas si rare de croiser des pakistanais au Japon, ils sont apparemment près de 10 000 et se trouvent en immense majorité dans Tokyo et ses environ

En essayant un nouveau public bath près de chez nous l’autre on a pu faire une belle bêtise digne d’un mauvais clip diffusé dans un bêtisier de M6 et introduit par Sandrine Quétier un soir de nouvelle année.
Il est en effet coutume en rentrant (nu) dans le complexe de d’abord prendre une douche pour se nettoyer avant d’aller sur les bains chauds. Pour cela on prend un petit tabouret/baquet où poser ses fesses et on se pose devant un des mini pommeau de douche avec gel douche/shampoing fourni.
Innocemment je vois un mini tabouret posé devant une des mini douche et je m’assois pour me nettoyer quand tout d’un coup

« OÏÏÏÏÏ !!!
OÏÏÏÏÏ !!!
ORE NO, KORE WA ORE NO ! »

Et là surgit un quadra visiblement un peu énervé sortant du bain chaud vers moi, 1s suffit à mes neurones pour se connecter comprendre ce qu’il se passe : je me suis assis sur SON tabouret.
Je me lève donc promptement, et un peu perdu m’excuse autant que possible.
Irrité il retourne dans son bain chaud quand…
Mon pote rentre et vient s’assoit sur le même tabouret, bis repetita de la scène plus haut avec peut être quelques décibels en plus, mon pote ne comprend pas, je tente moi aussi de lui expliquer mais la détente n’est pas aussi rapide, le japonais sort quelque peu ulcéré pour faire bouger ce second étranger qui pose ses fesses sales sur son tabouret comme si de rien était.
Un peu perdu mon pote finit par se lever mais n’a même pas l’occasion de s’excuser, le quadragénaire ne retourne plus au bain chaud, sa séance repos a été copieusement pourri par deux gaijins venus de nulle part, honnêtement en terme de disgrâce on aurait pissé dans son bain cela aurait eu à peu près le même résultat je pense.

Rascal Baskin Robbins

J’ai mangé mon premier Baskin Robbins du mois le Mardi 22 l’occasion de tester le sorbet Pomme qui est un des parfum du mois et qui est très très bon !
A noter que tous les 31 c’est 31% chez Baskin Robbins (un petit jeu de mot avec la partie droite du B qui ressemble à un 3 et la partie gauche du R qui ressemble à 1, la chaîne dispose également de 31 parfums).
Pour ne rien cacher, ce petit paragraphe n’était qu’un prétexte pour caser une image de Rascal avec une glace.

Dans la rubrique « surprise » j’ai appris aussi que je « souffrais » de somniloquie, ou le fait de parler pendant son sommeil, ce n’est pas quotidien mais presque et je m’amuse désormais à enregistrer ça grâce à une application mobile dédiée (Dream Recorder), il y a de l’anglais du japonais, du français, des borborygmes, des mots prononcées de façon très claire et parfois de courtes phrases et ça me fait un petit truc marrant à écouter chaque matin.
D’ici quelques mois j’aurais peut-être accumulé suffisamment d’échantillons sonores pour en faire un poème, une chanson ou je ne sais quoi !

Petite info 100% non biaisée, après pas mal de recherche j’ai choisi de faire mes transferts euro -> yen avec TransferWise, cela m’a coûté 5€ pour 1000€ transféré soit 0,5% de commission, j’ai même pu faire un premier transfert de 522€ gratuit avec un lien de parrainage.
Pour les PVTistes en herbe qui tomberaient ici, je ne partage aucun lien de sponsor donc soyez rassuré je n’ai aucune bille à gagner là-dedans (contrairement à énormément d’articles que j’ai pu lire sur le sujet…), mais n’hésitez pas à faire vos propres recherches sur le sujet pour confirmer ça au besoin 😉

Follow up du mois dernier

 

  • Le gashapon…
  • Splatoon 2 est à plus de 1.1 millions d’exemplaires vendus et n’est pas prêt de s’arrêter
  • Your Name a dépassé les 800 000 ventes entre Blu Ray et DVD
  • Dragon Quest XI est à 3.2 millions d’exemplaires vendus et commence à plafonner
  • J’ai beaucoup de choses à dire sur la nourriture, assez pour en faire un article dédié !
  • Pas de triathlon, impossible de louer des vélos ici ou presque, et avoir un vélo décent de compétition représente un coup que je ne veux pas assumer pour l’instant

Pfiou 4600 et quelques mots seulement cette fois, mais toujours beaucoup trop de temps pour écrire tout ça !

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