Triathlon de Chantilly 2018 – Compte rendu

5h45 Goussainville

Il est des matins où le réveil est exagérément tôt, se lever n’est pas forcément très compliqué pour le corps mais l’esprit lui continue de vagabonder tel un sketch d’un Gars une Fille

On avale alors sans trop de conviction une banane bien mure, un yaourt au soja, de l’avoine au lait d’amandes et un peu de jus d’orange. Puis bon gré mal gré on patiente un peu puis se traîne jusqu’à la voiture en route pour Chantilly.
Car comme de bien entendu, il s’agit d’aller rejoindre quelques centaines d’autres fêlés qui ont suivi un rituel peu ou prou similaire en ce Dimanche 26 Août. Le tout pour aller boire la tasse d’une demi heure à 1h, se changer péniblement en quelques minutes, se faire mal aux mollets de 1h15 à 2h pour enfin courir 35mn à 1h. Le tout pour revenir à son point de départ en ayant déboursé pas loin de 100€ pour afin d’avoir le privilège de participer à ce qui pourrait tout aussi bien s’appeler l’allégorie du hamster masochiste.

C’est dans un petit foutoir organisé que s’organise l’arrivée dans la zone de transition triathlon pour déposer vélo et autres affaires, les emplacement ne sont pas marqués et je suis parmi les derniers. Évidemment faute d’emplacements certains s’y sont donnés à cœur joie pour s’étaler et il faut donc se créer soi-même sa place en poussant un peu les autres. Le temps presse cela dit (j’ai déjà loupé le briefing de 7h45 d’avant course) donc on oublie un peu la finesse et le respect d’autrui (modérément) qui n’était de toute manière pas réciproque d’emblée.
Mais bon tout va bien, la combinaison néoprène est enfilée et c’est pieds nus que l’on va se rendre en contrebas pour rejoindre le lac de départ.

Hélas personne ne m’avait prévenu qu’il s’agissait aujourd’hui d’un quadrathlon : épreuve du fakir, natation, vélo, course à pied.
La quasi intégralité de la distance entre la zone de transition et le lac se fait sur du gravier, pendant une interminable grosse centaine de mètres, avec la pression de ne pas louper le départ et des petons sensibles. Les derniers concurrents pour cette vague de 8h, moi inclus, se trainent péniblement jusqu’au lac, certains en trottinant, d’autres, toujours moi, en faisant des grimaces à chaque pas et c’est littéralement en dernier à 8h01 que péniblement la pelouse juste devant le lac est atteinte.
L’eau est à 18.6° le départ est imminent, pas le temps de finasser, on se jette à l’eau.

*squish squish*

 

Natation

8h03
C’est le départ, la grande lessiveuse, étant un bien piètre nageur et connaissant le foutoir que représente à chaque fois le démarrage, je me tiens gentiment en retrait pour partir à peu près dernier. On est probablement ~250 dans cette vague, c’est donc 250è qu’enfin je cesse de poser les pieds au sol pour démarrer la nage

*squish squish*

Ou non.
Vous vous demandiez ce que représentaient ces squish écrit un peu plus haut ? Et bien il ne s’agit pas d’une nouvelle blague digne de Paf le chien ou un Haïku de Schlik Schlik la girafe que ne renierait pas Michel Onfray, mais pas loin, squish squish ce sont les algues qui peuplent le lac du château de Chantilly, il y en a absolument PARTOUT le fond du lac en est INTÉGRALEMENT parsemé et le dit fond du lac est à 1m30-40 de profondeur.
Plusieurs courses ayant déjà eu lieu Samedi, d’autres étant déjà partis à 7h et 7h30, c’est une population d’algues toute remuée qui s’ouvre devant nous, virevoltante et éparse jusqu’à la surface, adhérente et collante jusque sur ma face (amis de la poésie du soir bonsoir).
Trait lyrique mis à part c’est un véritable enfer algal qui se dresse devant nous, je nage un peu, je remarche, ma vitesse est à peu près similaire, je nage un peu, j’en ai plein les jambes plein les bras, je me débarrasse de 3 morceaux d’algues j’en récupère 2 dans la foulée, j’en ai déjà marre, autour de moi aussi, on en rigole mais c’est pénible

« Eh c’est pas comme à la piscine putain »
« Foutus algues de merde »
‘Ils sont sérieux avec les algues ? »
« J’arrive à peine à nager et de toute façon on à pied »

Visiblement la galère est pareille pour tout le monde, alors bon pas le choix, on s’arme de patience et on endure ce qui, fondamentalement, a toujours été la façon dont je voyais la natation, mais sans les algues.

8h11
On finit la première ligne droite du parcours, petit virage à 90° et… on ne voit plus rien: le soleil est en face de nous, l’eau sous nos yeux est complètement opaque, les lunettes sont évidemment pleine de gouttes d’eau en permanence, les bras et les jambes lestés de centaines de grammes d’algues, le seul point de repère est de tenter de vaguement suivre les points verts fluos devant, les bonnets de natation des concurrents de ma vague.

8h17
Deuxième virage à 90° pour entamer la longue (700-800m) ligne droite du parcours, on quitte enfin le soleil, la visibilité passe de quasi nulle à médiocre, je suis pratiquement dernier mais ça ne me préoccupe guère, autour de moi je vois pas mal de personnes marcher de temps à autres… et leur vitesse est quasiment similaire à la mienne.

8h21
Comme d’habitude j’en ai marre de mes lunettes de natation, je les enlève et, surprise, j’ai perdu une de mes deux lentilles, chouette je vais pouvoir faire le reste de mon triathlon demi-borgne.

8h40
La longue ligne droite s’achève, un peu plus des deux tiers (1km) du parcours aussi, je ne m’attarde plus sur les algues dont la pénibilité est systématique à chaque mouvement, devant se dresse la bouée qu’il faut contourner pour le demi-tour et, étonnamment, je vois pas mal de monde passer au large de celle-ci pour la manœuvre.
Mon esprit rationnel fonctionnant encore décemment, je la serre de très près et doublent quelques personnes au passage, j’en avais doublé quelques autres en fin de ligne droite, surement les plus âgés/non affutés physiquement/cas désespérés à la nage car je vous assure que je suis à l’espadon dans l’eau ce qu’est la tortue au guépard sur terre.

8h43
Tiens c’est marrant ma sœur peut me voir sur la berge juste à côté, surement en train de prendre en photo les exploits aquatiques de son aîné, elle est même suffisamment proche pour qu’on discute et, n’étant pas à court de souffle (la natation est un sport qui au niveau cardiaque me sollicite très peu) je lui explique la situation avec les algues avec un vocabulaire tout aussi raffiné, subtil et élégant que ci-dessus

« Putain il y a des algues partout, ça fait chier »

8h50
Bon c’est presque fini, on entraperçoit le bout !
A la sortie de l’eau je vois que tout le monde arrive un par un et se fait hisser par 2 bénévoles, ahah surement des faibles moi je m’en sortirai très bien tout seul !

8h52
Etttttttttt en fait non.
La marche pour sortir de l’eau est surélevée de bien 80cm, ce n’est pas rigoureusement impossible tout seul mais c’est sérieusement compliqué, et vu que derrière les autres concurrents arrivent on va éviter de finauder, le ratio risque/opportunité (oui jadis je travaillais dans le département sécurité d’une grande entreprise) étant carrément défavorable je tends les 2 bras vers l’avant et hop.

Triathlon Chantilly sortie eau

Le bonnet de travers, les yeux hagards, des algues plein les mains : en route pour la victoire

Le temps est, comme escompté, mauvais : 49mn07s, 665è de tous les participants sur 734 ayant terminé la natation. Mais maintenant on se débarrasse de ces algues encombrantes pour aller trottiner un peu plus haut jusqu’à la zone de transition, avec cette fois un tapis sur une partie du chemin, de toute manière les pieds sont quelque peu anesthésiés après la nage donc la pénibilité du parcours s’en retrouve proportionnellement réduite.
Après quelques petites cavalcades me voilà devant mon vélo et mes affaires, néanmoins dame la chance n’est pas avec moi aujourd’hui car mes deux voisines de parking sont également présentes. On se sert un peu pour se changer et dégager la combinaison néoprène, prendre un coup de gel, une gorgée d’eau, enfiler casque et chaussures de vélo tout en prenant son temps pour une transition assez lente (7:43 621e/~720) agrémenté d’une crampe de quelques dizaines de secondes à un endroit assez étrange (au-dessus des abdominaux et au centre vers le bas de la cage thoracique, de forme triangulaire pointant vers le bas) mais comme le dit si bien un autre participant devant moi sur son vélo

« Ah enfin on va pouvoir être bien. »

Vélo

9h00

Triathlon Chantilly départ vélo

Le regard plus affuté, le corps enfin séché, des rêves plein la tête, en avant pour la grimpette

Le départ ne se fait pas de façon très fluide cela dit, le parcours, officiellement 45km, démarre sur une route caillouteuse/sablonneuse où la vigilance est de mise et il faut bien attendre 1 à 2km et 9h05 avant qu’enfin une route goudronnée se dévoile devant nous, une fois à ce stade c’est enfin à fond les manettes.

9h35
Je n’ai pas de souvenir très exact du parcours, ou pour être plus précis en sortie vélo il se passe moins choses et on profite davantage de la vitesse (presque 30km/h de moyenne sur le parcours), néanmoins c’est à peu près cette heure au km 15 que des bénévoles nous préviennent de la présence d’un secteur pavé.
Je ralentis, un peu, puis soulève les fesses de la selle pour me préparer à encaisser les tremblements assez pénibles qui mettent à mal le vélo et le corps, j’aborde malgré tout le tout à assez haute vitesse (le passage se trouvant à la suite d’un bon faux plat descendant) et ça vibre pas mal. Il me semble entendre un « Eh dis donc ! » très ténu au loin, je ne sais pas si cela me concerne ni d’ailleurs quel est le sens de la remarque donc je continue.

9h39
Bon, passé un petit faux plat montant, comme après chaque coup de rein il est temps de s’hydrater, je baisse ma main vers mon porte bidon et…

Rien.

Le porte bidons est désespérément vide, je baisse les yeux sans trop d’espoir pour constater le problème.
Première réaction : « Merde »
Deuxième réaction : « Bon ça ne va pas être plaisant sans boire mais pas le choix »
Troisième réaction « Je crois qu’il y a des ravitaillements sur le parcours dans pas si longtemps, avec un peu de chance je pourrai choper un bidon au vol, si je dois m’arrêter par contre est-ce que c’est rentable ? »
Quatrième réaction « Mais en fait je l’ai perdu quand le bidon ? Je l’avais au début du parcours et… *tilt*.les pavés, « eh dis donc ! » ahhhhhhhhhhhhhhhh, c’était là, ces foutus vibrations sur le secteur pavé ont carrément décramponné mon bidon et quelqu’un a du gueuler que j’avais perdu mon bidon ! »
Cinquième réaction « Bon bah en 仕方がない« 

Je ne l’ai pas précisé plus tôt également, mais je double pas mal de concurrents, quelques uns me doublent aussi mais ce sont essentiellement les fous furieux avec guidon de triathlète, le casque et la position aérodynamique qu’on entend arriver avec leur vrombissement régulier.

9h48
Je vois un ravitaillement poindre plus loin dans la ligne droite, des bénévoles tendent des guidons en gueulant « Water water ! » sauvé !
Wah c’est comme au tour de France, une rangée de bénévoles espacés chacun de 2-3m tendent un bidon, n’ayant pas envie de perdre de temps je ne mets aucun coup de frein, j’arrête toutefois de pédaler pour décélérer légèrement et mieux appréhender le bidon.
Bon j’arrive trop vite je ne tente pas le premier, par contre le second…

Non seulement je me loupe assez nettement mais en plus je cogne le bidon de ma main à pleine vitesse l’envoyant ainsi voler assez loin, heureusement sans blesser personne, peut-être pas aidé par le fait que je ne vois net que d’un œil.
Les autres bénévoles derrière sont prévenus, je me laisse ralentir, je ne tente ni le troisième, quatrième ou cinquième mais le sixième bidon, cette fois avec succès et humilité : choper un bidon en plein vol ce n’est pas si facile, je ne le laisserai pas tomber, un bidon libéré c’est si fragile.
Le bidon qui nous a été vendu n’est cela dit pas la marchandise promis, c’est un petit peu sucré contrairement au « water water ! » qui était clamé, cela dit personne n’est vraiment en position de faire la fine bouche alors on s’en contentera avec plaisir !

9h53
A peine cinq minutes plus tard, et alors que l’on vient de finir un faux plat montant (les passages où je gagne le plus de temps sur les autres vu ma carrure poids plume), j’entends une voix qui s’adresse à moi.

« Oh tiens encore toi, bah c’est bien ça va me motiver »

Un peu interloqué je remarque qu’il s’agit de quelqu’un que j’avais doublé un peu plus tôt dans le faux plat. Vu son ton j’imagine que c’était une sorte de boutade défi et que l’on s’était peut être déjà croisé plus tôt (?) alors j’enquille pour lui « prendre la roue » tout en évitant le drafting, interdit pendant la course.
Mine de rien on est environ au km 25 et jusqu’à la fin on ne va cesser de se croiser jusqu’à la fin du parcours vélo.

10h10
km 33
On continue de se doubler et d’échanger quelques mots, je lui demande si il sait si nous avons déjà passé la petite montée que j’avais repéré sur le parcours avant la course, il n’en a aucune idée, on est déjà au km34 donc j’imagine que c’est le cas, à postériori je me rends compte qu’elle était vers les km 23-24, un faux plat de 700m à 5% de moyenne et des passages à un peu plus de 7% avalés sans m’en rendre compte au final.

10h20
km 39
Cela va faire quelques temps que l’on est sur du plat/faux plat descendant, on bombarde à plus de 35km/h de moyenne, c’est assez grisant et mon camarade (dossard 2289) me sert finalement de bon point de repère pour savoir quel coup de pédale donné.
Niveau technique je n’ai qu’un vélo à deux plateaux et 6-7 pignons (mon père m’engueulera peut-être de ne pas savoir ça avec exactitude), j’ai fait l’essentiel du parcours sur le grand plateau excepté dans quelques faux plats montants, ici je suis bien sûr grand plateau sur la 4-5è vitesse, pour faire simple : je pédale fort.

10h25

km 41
La fin approche on s’est bien amusé, on s’échange nos numéros de dossards pour voir nos résultats respectifs à la fin, il me demande également si je suis bon en course à pied, ma réponse :
« En fait je fais principalement de la course à pied à la base »
Sa réplique :
« Ah merde »
Effectivement vu sa carrure, l’homme est assez « costaud » on va dire, il est peu probable qu’il puisse suivre le rythme du freluquet aux fines gambettes que je suis.

10h34
km 45
Et c’est le retour à sur ce même secteur plein de gravier et sablonneux avant la zone de transition, pas loin d’un kilomètre et demi encore où l’on se sait pas trop quel rythme adopter et qui n’est guère agréable au pédalage.
Niveau pas très agréable, j’ai oublié de le mentionner mais les routes n’étaient pas intégralement banalisées pour nous, il arrivait que sur certains secteurs, heureusement rares, des voitures nous collent puis nous doublent avec tout le plaisir des pots d’échappement qui va avec.
Mention tout de même aux gendarmes/policiers (j’avoue ne pas avoir vu avec exactitude) qui aux croisements bloquaient les véhicules et nous permettaient de rouler toutefois tranquillement.

10h37
Le vélo c’est fini, on déchausse juste avant la ligne blanche pour finir l’arrivée en zone de transition à pied. La moyenne est proche de 30km/h sur ce parcours plus long qu’annoncé (pas loin de 49km au lieu de 45, sachant qu’un triathlon olympique doit en faire 40), le temps 1h36mn53s soit le 377è/706, la place actuelle au classement 544è soit 121 places gagnées après le cataclysme nautique.
Je salue mon camarade de roue une dernière fois et puis je me prépare pour cette dernière transition sans trop me presser, une gorgée d’eau, un coup de gel, on passe de chaussures vélo à clips à chaussures de course, on tourne la ceinture avec le dossard pour que celui-ci apparaisse devant et en un peu plus de 3 minutes c’est réglé.

Course à pied

10h40
C’est parti pour la course à pied, c’est là que je suis censé exceller, et cette fois-ci la distance est assez longue (10km) pour faire un peu de différence et mieux digérer le passage vélo/course à pied pour les jambes.

10h41
Les zigzags de départ sont terminés et on entame enfin du chemin forestier un peu régulier, les sensations sont…. bonnes, je n’ai pas de retard à l’allumage au niveau des jambes cette fois-ci, d’après ma montre Garmin le rythme est de 4mn15s au kilomètre, ou 14km/h, j’aimerais bien plus mais la mécanique grince un peu et difficile de dire combien je peux encore donner.
En tout cas le baume au cœur arrive assez vite lorsqu’après avoir doublé quelques autres participants d’affilée je finis par entendre juste derrière moi

« Waw il va vite celui-là ! »

10h59
km 4.4
Je n’ai pas tant de chose à raconter sur la course à pied, c’est une sorte de bis repetita du vélo mais en encore mieux, pratiquement personne ne me double par contre je dépasse à tire-larigot. Cependant le parcours emprunté nous fait passer 150-200m par le… parking de la course, ce dernier n’étant pas banalisé il arrive que des voitures roulent sur la surface sablonneuse extrêmement sèche et soulèvent des nuages de poussière désagréables qui piquent les yeux, surtout quand on porte des lentilles et j’aimerais éviter de perdre la deuxième si possible, et obstruent un peu la respiration.
Un peu dommage de ne pas avoir pu éviter ce nouvel impair sur le tracé.

11h04
km 5.5
Beaucoup de personnes se demandent parfois pourquoi les coureurs… courent, et bien figurez-vous que les coureurs aussi se pose souvent la question.
Généralement plutôt en phase de souffrance, avant que l’arrivée ne soit à portée de jambes et après voir déjà mis une certaine distance depuis le départ, dans le deuxième tiers de la course plutôt donc.
Et que penses-t-on ? Et bien la tentation de s’arrêter est présente, on souffre (raisonnablement) et ce serait tellement plus facile d’y mettre un terme, on se demande ce qu’on peut bien faire là un Dimanche matin et dans quel but, plus que jamais on ressent la fatigue physique générale et c’est dans ces moments là qu’il faut persévérer.
Cela ne devient pas nécessairement plus facile avec le temps et la pratique, parfois on a des jours sans, parfois c’est l’inverse et on a la baraka, ce qui permet de lisser la différence entre les deux c’est l’abnégation et de l’endurance dans son sens premier : endurer. Je suis en tout cas de ceux qui ne croient pas au talent, tout au plus aux prédispositions, « si on sait prendre sur soi et faire des efforts alors c’est ça le talent » (Konihira Kawashi 8:56)
Alors j’essaie au moins de faire des efforts.

11h12
km 7.3
C’est vraiment une remarque à posteriori, mais mon cardio indique que j’ai fait une pointe à 197 battements cardiaque par minute sur une mini-montée ce qui est… élevé, d’autant plus que je ne me souviens pas avoir forcé particulièrement.
Une mesure grossière dit qu’en théorie le rythme cardiaque maximale est de 220-âge, soit 193 dans mon cas, bien sûr d’autres facteurs peuvent la faire varier dont la pratique du sport, je n’ai jamais essayé de voir jusqu’à combien je pouvais monter d’ailleurs, cela pourrait être intéressant.

11h17mn33s
km 8.5

Triathlon Chantilly km 8 et quelques course à pied

Les cheveux aux vents, épaules vers l’avant, les pieds bien décollés, c’est presque l’arrivée

Ah oui la trifonction est complètement ouverte, il fait sans doute 15-16° et j’ai très chaud comme souvent, le climat bien qu’un peu frisquet au départ (sous les 10°) était franchement plutôt idéal pour un mois d’Août, l’humidité était assez faible et le soleil présent sans être insistant, agréable.

11h20mn57s
km 9.3

Triathlon Chantilly km 9 et quelques course à pied

La tempe apparente, les bras faiblards, encore une petite pente et retour au départ

C’est sans doute la dernière ligne droite, depuis le km 8 je constate une certaine incohérence entre le kilométrage indiqué sur le parcours, ce que me dit ma montre avec GPS intégré et mes sensations, je constaterai à posteriori que le parcours ne fait que 9.65km au lieu des 10km annoncés, bon on est plus à ça près.
Toujours est-il que le château est en vue, je continue de doubler les personnes par paquets avec un différentiel de vitesse important, la partie finale de la course est-cela dit faite assez étrangement : On doit d’abord prendre un virage serré à 90° (tellement serré que cela me vaut d’être bloqué derrière 3 participants qui courent ensemble alignés en prenant toute la largeur entre les barrières), emprunter un petit escalier, courir un demi cercle de 20m autour d’une sorte de pataugeoire, reprendre un escalier avant d’aborder un finish… en escargot.

Le résultat : on termine le corps de travers sans pouvoir lâcher les chevaux puisque qu’il faut tourner assez brutalement pendant 15m.

11h22mn18s
FIN

Finish triathlon Chantilly

Le corps bringuebalant, les bras écartés, toujours vers l’avant, voilà l’arrivée

Sans trop de cérémonial c’est fini, la course à pied est bouclée en 41mn21s ce qui constitue le 50è temps sur plus de 700 participants et me rassure sur ma résilience au cours de l’épreuve. Naïvement j’espérais peut-être encore mieux (on espère toujours mieux) puisque c’était mon premier 10km chronométré depuis plus d’un an, mais faute est de constater que je n’ai plus vraiment cette sensation de « punch » et « explosivité » qui me paraît nécessaire sur 10km.
Inversement j’ai l’impression que ce jour j’aurais tout aussi bien pu courir un half-ironman (2km natation, 90km velo, semi-marathon) puisque je ne sens pas particulièrement fatigué à l’arrivée, ce qui est rassurant (le but ce n’est pas de tomber dans le coma) et frustrant (j’aurais pu donner plus) .
En tout et pour tout c’est 140 places qui sont grappillées sur cette dernière partie, passant de 544è à la descente du vélo à 404è au classement général final et un temps total de 3h18mn15s qui est un peu décevant mais compréhensible :
– La natation était une catastrophe, j’y ai perdu entre 3 et 8mn sur ce que j’escomptais
– Les transitions, particulièrement la première, trop lentes et mal optimisées de 3-4mn, par ma faute mais aussi de par la nature du parc assez mal foutu
– Le parcours vélo plus long que prévu et 3km sur du terrain sablonneux qui coutent également plusieurs minutes.

Au final une bonne partie retombe tout de même sur le parcours de la course qui disposait pourtant d’un cadre magnifique, l’autre sur une inexpérience de la discipline toujours flagrante.
A noter la super perf de mon camarade Chemsseddine qui pour son premier triathlon finit en 3h10 l’air de rien

Triathlon Chantilly km 9 et quelques course à pied

Qu’améliorer pour l’avenir :
– Toute la natation de A à Z, réussir à mettre la tête sous l’eau, réussir à nager le crawl sans crampe, réussir à ne pas trouver les lunettes de plongée insupportables.
– Éviter de perdre une lentille, c’est la deuxième fois que cela m’arrive après le Mt Fuji en Juillet dernier, le même œil à chaque fois d’ailleurs dont je suppute que la lentille adhère moins bien à la cornée que l’autre.
– Mieux préparer les transitions, pour cette fois elles étaient, en terme de temps, catastrophiques
– Apprendre à tout le temps aller pleine bourre en vélo, je reste trop sur la réserve et je suis trop timide au moindre gravier sur la route (tout en évitant l’imprudence naturellement), bon j’ai des circonstances atténuantes pour cette fois (cf deux points plus haut et 8h21)
– Investir peut-être dans un guidon de triathlète

Quoi de neuf pour la suite :
Dimanche 23 Septembre c’est le Paris-Versailles, deuxième participation après 2015 (1h20), l’objectif étant de passer sous les 1h10 et d’éviter de partir parmi les derniers contrairement à la fois précédente, mais pour cela il faudra faire la queue plus d’une heure au pied de la tour Eiffel, joie.

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